jeudi 16 mai 2013

SHIKOKU : TEMPLE N° 31 ET RESTO PANORAMIQUE

Comme vous l'avez vu dans le billet précédent, on accélère parfois un peu le mouvement en louant des vélos. Il faut dire que les kilomètres de bitume en pleine ville au milieu de la circulation n'ont rien de drôle et ce n'est pas vraiment ce qu'on recherche. Donc pour s'éloigner un peu plus vite du centre-ville, nous grimpons pour quelques arrêts dans un petit tram très coloré. En fait, ils sont tous très décorés comme vous le constaterez sur la photo d'un autre tram croisé à l'arrêt où nous descendons.

 
 
 
 
Notre nouvel objectif est d'atteindre le haut du Mont Godaisan (photo ci-dessus) sur lequel est situé le prochain temple. Alors on traverse le pont et on monte, on monte, on monte... Le soleil cogne, on cherche la moindre zone d'ombre.
 
 
 
 
Après environ 5 km de marche depuis notre descente du tram, nous arrivons au sommet du Mont Godaisan où se trouve une terrasse permettant d'embrasser l'ensemble du paysage. Il ne faut pas avoir le vertige !
 
 
 
 
 
Kenji nous annonçant qu'on ne va pas croiser beaucoup d'endroits pour manger dans la suite de l'étape du jour, nous décidons de profiter du restaurant panoramique situé juste sous la terrasse : tous les sièges sont tournés vers la vallée et on mange en admirant la vue. Un très agréable endroit ! Et la salade de pâtes froides aux tomates, herbes et crevettes me redonne des forces. Evidemment, je profite de ce temps de midi pour poser mes habituelles questions à Kenji (comment traduit-on le nom du temple, comment s'écrit le nom du plat qu'on nous sert, etc.) afin de compléter mon carnet de bord... et plus tard ce blog. [Papa, note la présence du stylo Emile&cie sur une photo : tous les courageux marcheurs en ont reçu un, je fais ta pub !]
 
 
 
 
 
 
 
Nous serions bien restés pour la sieste mais un bon bout de chemin nous attend encore aujourd'hui. A commencer par la visite du Temple n° 31 non loin de là : Chikurin-ji (bois de bambou). A l'origine (en 724), sa pagode n'avait que 3 étages mais un typhon l'a dévastée en 1899 et elle en compte à présent 5 depuis sa reconstruction en 1980. Les iris à l'entrée du site sont magnifiques. Comme le reste du jardin d'ailleurs. Nous nous y baladons un instant, recueillons notre calligraphie et repartons sur les routes.
 
 
 
 
 
 
 
 

SHIKOKU : A VELO AU TEMPLE N° 30

Comme je vous l'expliquais dans un article précédent, nous étions à l'est dans la préfecture de Tokushima la première fois pour les temples 1 à 12 (otobre 2012) et nous sommes cette fois au sud dans la préfecture de Kochi pour les temples 27 à 36 (mai 2013). Mais pour compliquer les choses, nous n'allons pas les faire dans l'ordre : raccrochez-vous à cette carte pour nous suivre...

Après une nuit au Comfort Hotel de la ville de Kochi et un solide petit déjeuner, nous prenons la direction de la gare principale afin d'y louer des vélos. Il faut y arriver dès l'ouverture car le point d'information touristique compte en tout et pour tout 10 vélos à louer (ça vous donne une idée de la fréquentation de ce coin du Japon par les touristes) et nous sommes 6.
 
 
 
 
Nous commençons en douceur vu qu'il faut régulièrement s'arrêter aux feux de signalisation dans Kochi. Pédalant à notre aise, nous arrivons au Temple n° 30 (Zenraku-ji, littéralement "bon plaisir" : tout un programme !). Des pélerins croyants font déjà la file pour la prière ; nous nous mettons de notre côté en quête de la calligraphie du lieu. Et puis nous écoutons la minute historique et culturelle de Kenji. On le voit sur une photo me parler des petites poupées représentant des jizo, statuettes vêtues de tissus rouges habituellement dédiées aux enfants décédés.
 
 
 
 
 
Historiquement, les habitants de Kochi avaient fini par abandonner ce temple et Anraku-ji, non loin de là, était devenu le lieu de prière des Bouddhistes du coin et donc l'officiel Temple n° 30. Mais en 1929, Zenraku-ji a été reconstruit et ils se sont retrouvés avec deux n° 30. De longues discussions eurent lieu et finalement, en 1944, Zenraku-ji redevint le seul Temple n° 30, Anraku-ji y étant intégré.
 
Avant de repartir, nous faisons le tour du très vieux sanctuaire Tosa Jinja qui se trouve juste derrière (on est donc ici dans le shintoïsme et plus le bouddhisme ; d'ailleurs il y a un torii comme porte d'entrée).
 
 
 
 
 
Nous remontons ensuite à vélo et reprenons la route. En chemin, nous longeons une première rizière où les jeunes pousses de riz viennent d'être plantées (on va encore en croiser beaucoup : c'est la saison). Au total, nous aurons pédalé une dizaine de kilomètres, quasi toujours à plat. Tranquille donc. Le plus difficile est en fait de se souvenir sans cesse qu'au Japon on roule à gauche et de se placer du bon côté de la route en ville.
 
 
 
 
(Papa m'avait dit qu'il voulait une photo de moi dans la partie à vélo : mission accomplie !)

SHIKOKU : S'EQUIPER POUR LA RANDONNEE, MES CONSEILS


De futurs randonneurs m'ont demandé ce qu'il faut emmener pour marcher à Shikoku donc voici le détail du contenu de mon sac, amélioré suite à ma première expérience de l'an passé :
 


L'équipement général :
- sac à dos : pas trop lourd, confortable, poches pour avoir accès à l'eau sur les côtés, avec ceinture pour que les hanches portent une partie du poids et aident le dos
- bonnes chaussures : bien se faire conseiller en décrivant au vendeur le type de sols rencontrés, les conditions climatiques, etc.
- une veste de pluie légère
- petite serviette : sert à éponger la sueur du visage et du cou au Japon, mais aussi en cas d'absence de serviette dans un logement ou en cas de baignade improvisée

Les vêtements habituels :
- pantalon, short, etc. (l'idéal étant un pantalon dont on retire un étage pour le transformer en short)
- t-shirts
- un pull pour les soirées
- sous-vêtements confortables
- des chaussettes de randonnée
- souliers légers si on ne veut pas être obligé de remettre les chaussures de marche le soir dans le logement ou pour sortir souper (dîner pour les amis français)

L'équipement propre à Shikoku :
(ceci est ce que j'ai choisi de porter ; pour plus d'infos sur la tenue complète, lire aussi : Shikoku : Temple n° 1 et équipement du Henro)
- veste blanche du Henro (hakui ou byakue)
- sac de tissu du Henro (zudabukuro)
- le livre de calligraphies (noukyouchou ou nokyocho)
- le guide des 88 temples (avec détail des routes, auberges, arrêts de bus, gares, etc.)
 
Les vivres :
- eau (et boissons de sportifs style Aquarius si vous aimez ça) : la Japon regorge de distributeurs donc moi j'ai toujours une petite bouteille de chaque sur moi et je remplace une bouteille dès que je sens que la précédente arrive à sa fin
- barres de céréales : mes préférées sont celles de Taste of Nature. Elles sont produites au Canada (http://fr.tasteofnature.ca/produits/) - merci à Pit et Malolo pour la découverte - mais on en trouve en Europe
- fruits secs,  banane, etc. (tout ce qui vous donne de l'énergie en cas de coup de mou, mal de tête...)

Mais aussi (les indispensables) :
- trousse de toilette à réduire au strict minimum
- répulsif pour insectes (style Mustimug Tropical Maxx)
- crème solaire
- lunettes de soleil
- chapeau / casquette
- gel désinfectant pour les mains
- pansements pour ampoules (style Compeed)
- un adaptateur pour recharger son appareil photo le soir
- carnet de notes et de quoi écrire
 
Voilà, si d'autres marcheurs ont des conseils supplémentaires, n'hésitez pas à commenter et je complèterai la liste mais moi je m'en sors avec ça. Il faut faire léger. Et surtout investissez dans un bon sac à dos confortable qui répartit bien le poids sur votre dos. Et ayez de bonnes chaussures, rôdées au préalable. Si vos pieds sont abîmés, vous n'irez pas loin malgré le meilleur équipement du monde...

Edit (automne 2013) : après 2 randonnées à Shikoku, j'ajoute à cette liste un autre élément testé la dernière fois et que j'emmènerai pour Shikoku 3 : Akiléïne Sports Crème NOK Anti-frottements. Disponible en pharmacie et parapharmacie, ce produit permet de se protéger des frottements endommageant la peau. On en met avant d'enfiler ses chaussettes et cela évite la formation de rougeurs et d'ampoules en assouplissant et renforçant les capacités de défense de la peau.

 

mercredi 15 mai 2013

TESTE POUR VOUS : LA BONITE (KATSUO) SOUS TOUTES SES FORMES

J'avais déjà mangé ce poisson de la famille des thons nommé katsuo en japonais (bonite en français) et je l'avais trouvé bien bon. Quand j'ai appris que c'était une des spécialités de Kochi, j'ai voulu y goûter ici et nous avons décidé de faire un repas consacré à ce poisson, décliné sous de nombreuses formes que vous pouvez apercevoir ci-dessous :

 
 
 
 
 
Oh que c'était délicieux ce poisson frais du jour ! La palme revient sans conteste au premier type de préparation que nous avons testé, à savoir tataki : le poisson est brièvement saisi au-dessus d'une flamme chaude (ici cuisson à la paille en plus, qui ajoutait un goût fumé) et tranché finement, ce qui fait que le coeur et l'extérieur du morceau ont des cuissons différentes. Parsemez de quelques grains de sel et c'est réellement divin ! C'était tellement bon qu'on en a repris une bonne portion pour terminer, avant d'achever par un sorbet au yuzu (agrume).
 
Quand je lis ensuite sur internet que la traduction française de katsuo, bonite, serait issue de l'italien bonito lui-même dérivé du latin bonus signifiant bon, je ne suis nullement étonnée. Je suis tout à fait d'accord pour dire que c'est le meilleur de tous les thonidés.
 
 
 

OKAYAMA : VISITE EXPRESS SUR LE CHEMIN DE SHIKOKU

Et c'est parti pour le trajet de Kyoto à Kochi (point de départ pour notre marche de ce printemps sur l'île de Shikoku) via Shin-Osaka et Okayama. Si vous ne savez pas lire les panneaux d'affichage en japonais, ce n'est pas grave : attendez un peu et ils alternent avec les infos en anglais.

 
 
 
Notre groupe venant de Kyoto (Pierre-Alain, Stéphanie et moi) accroche en gare de Shin-Osaka celui venant de Tokyo (Kenji, Jérôme alias Keitaro et Antoine) et nous continuons jusqu'à Okayama. Nous avons deux heures à tuer dans cette ville pour attendre notre correspondance et Pierre-Alain nous propose de pousser une pointe rapide jusqu'au jardin Korakuen, l'un des plus beaux du Japon, au pied du château. Nous casons donc le gros de nos bagages dans des consignes (continue, Keitaro, tu vas y arriver !) et traversons une partie de la cité afin de rejoindre notre but de visite.
 
 
 
 
 
 
C'est en 1687 que Tsunamasa Ikeda, seigneur féodal d'Okayama, a demandé à son vassal Nagatada Tsuda de construire le jardin. Les travaux ont pris fin en 1700 et le site a maintenu son apparence originelle jusqu'à l'heure actuelle, comme en témoignent de nombreuses traces (plans de l'époque Edo, archives familiales de la région, etc.). Si le jardin était auparavant uniquement accessible à des dates fixées par le seigneur, le domaine a été cédé à la préfecture en 1884 et il est depuis lors ouvert au public tous les jours. On y croise notamment des couples en costumes traditionnels posant devant l'objectif de leur photographe. Et une tortue curieuse qui nous observait...
 
 
 
 
 
L'inondation de 1934 et la deuxième guerre mondiale ont infligé de sérieux dégâts au jardin mais il a sans cesse été remis en état conformément aux plans initiaux. Il est classé parmi les biens culturels à protéger depuis 1952. En le quittant pour reprendre notre route, nous apercevons le château d'Okayama qui surplombe le paysage.
 
 
 
De nouveau dans le train pour environ deux heures, nous empruntons le long pont situé au nord pour pénétrer sur l'île de Shikoku. Pas évident de prendre une photo depuis le pont lorsqu'on quitte l'île de Honshu (la plus grande, sur laquelle sont situées Tokyo et Kyoto) et qu'on traverse la mer intérieure mais je voulais en mettre une pour marquer notre changement d'île.
 
 
 
Si l'an passé nous étions arrivés par le pont situé à l'est, nous débarquons cette fois avec le pont du nord dans la Préfecture de Kagawa. Et comme nous nous rendons au sud dans la Préfecture de Kochi, notre train traverse l'île en passant par la région montagneuse du centre. Nous avons vu de magnifiques paysages faits de vallées, cours d'eau, villages dans la montagne (chose rare au Japon) mais je ne peux partager ces images furtives avec vous car elles ne furent captées que par ma mémoire à chaque fois que nous sortions de terre entre deux tunnels.