samedi 3 mai 2014

OSAKA BY NIGHT BIS

Nous quittons Kanazawa pour Osaka. Le trajet qui devait prendre environ 2h30 sera finalement prolongé de 2h. En effet, le vent souffle très fort aujourd'hui et les trains craignent de longer le lac Biwa, la plus grande étendue d'eau douce du Japon (670 km²) dont je vous avais parlé l'an passé dans le papier : Shiga : Omihachiman et lac Biwa. Nous progressons très lentement à cause des bourrasques de vent qui déstabilisent le train mais finissons par arriver en gare de Shin-Osaka en fin d'après-midi.




Nous sommes à présent passés du Chubu à la région du Kansai, où se situent également Kyoto et Kobe. Troisième plus grande ville du Japon après Tokyo et  Yokohama, Osaka est surtout une ville industrielle. A la fin du XIXe siècle, la noirceur des cheminées d'usines lui a d'ailleurs valu le surnom de Manchester de l'Orient. Important centre urbain pour l'économie, elle fut également une cible des bombardements lors de la 2e Guerre mondiale. Elle s'est aujourd'hui reconstruite et a trouvé sa place au niveau mondial grâce entre autres à l'aéroport international KIX (Kansai International Airport) ajouté sur une île artificielle en 1994. C'est notamment à Osaka qu'on trouve le siège d'entreprises comme Panasonic ou Suntory, la plus ancienne société de fabrication et de distribution de boissons alcoolisées du pays.

Point de vue visites, par contre, c'est surtout un dédale de rues animées et d'écrans géants publicitaires qui créent une ambiance particulière de nuit, comme je vous l'avais déjà raconté lors de mon passage précédent dans Osaka by night et découverte du kushikatsu que je vous invite à (re)parcourir pour en savoir un peu plus.

Quartier Dotonbori et tour d'Osaka
Quartier de Namba
Comme la fois précédente, la foule finit par me fatiguer et j'ai hâte qu'on se pose pour manger. Pas de kushikatsu cette année mais un okonomiyaki. Contrairement à Tokyo où je vous avais expliqué dans Testé pour vous : l'okonomiyaki comment réaliser soi-même sa préparation, ce plat est ici élevé au rang d'artisanat et c'est un cuisinier qui s'y colle avant de venir vous le déposer sur la plaque chaude afin que vous terminiez votre assaisonnement.




A noter que l'okonomiyaki est à l'origine une spécialité d'Hiroshima et que nous en reparlerons donc quand nous y serons dans deux jours...

KANAZAWA : PERFECTION AU JARDIN ET GOURMANDISE AU CHATEAU

On ne pouvait quitter Kanazawa sans visiter le jardin Kenroku-en, qui passe pour être l'un des trois plus beaux du Japon. Son nom vient d'ailleurs des six (roku) perfections (ken) que cite l'antique tradition chinoise : espaces ouverts et espaces fermés, apports artificiels et substrats authentiques, circulation de l'eau et notion de panorama. On trouve rarement ces six éléments réunis mais c'est pourtant le cas ici, ce qui en fait un lieu exceptionnel, mêlant éléments modernes et classiques.

Pluie de fleurs de cerisiers

Funsui (fontaine la plus ancienne que l'on connaisse au Japon)


Si son élaboration commença en 1676 par l'aménagement des abords d'un étang, ce jardin - classé depuis 1985 "site spécial de paysage d'intérêt national" - s'est progressivement agrandi pour atteindre aujourd'hui plus de 11 hectares. Il conserve toutes les caractéristiques d'un jardin paysagé de l'époque Edo. Malgré le vent qui soufflait pas mal ce matin, tout le groupe a vraiment apprécié cette découverte, que ce soit pour les plantes, les plans d'eau, les agencements créatifs, les ponts de pierre, etc.






Ile en forme de tortue (voyez-vous sa tête de pierre à droite ?), symbole de longévité
Iris d'eau japonais
Parmi les lanternes disséminées dans le parc, il en est une à deux pieds, devenue très célèbre (elle est d'ailleurs le symbole de la ville) pour l'originalité de son design. Il est dit que la lanterne Kotojitoro est la plus photographiée du Japon. J'ai donc réalisé quelques clichés de plus pour faire grimper les statistiques.

Cachet du parc reprenant la célèbre lanterne Kotojitoro



Après une bonne heure de balade, nous traversons le pont (qui devait à l'époque être un pont-levis enjambant les douves extérieures) pour tomber nez à nez avec Ishikawa-mon (1788), une porte du Château de Kanazawa qui compte parmi les rares structures originales du site qui fut plusieurs fois endommagé, notamment par le feu. 

Une fois cette porte passée, nous nous étonnons de découvrir de nombreux stands de spécialités locales et autres plaisirs du palais. Kenji nous explique que c'est dû à la Golden Week, un ensemble de 4 jours fériés répartis sur 7 jours : la majorité des Japonais prennent congé à cette période car il suffit de poser peu de jours pour obtenir une semaine de vacances. De nombreuses activités sont alors organisées et nous profitons ici de l'une d'entre elles (de deux en fait, car nous entendons également les concerts donnés non loin de là).




Huîtres grillées



Il est un peu tôt pour les huîtres grillées et les crustacés mais la gourmandise et la curiosité nous poussent à goûter à ce que les différents stands proposent. Nous nous tournons plutôt vers le sucré et c'est ainsi que je découvre le ichigodaifuku (une pâte de riz mochi fourrée de purée de haricots rouges et d'une fraise fraîche), un dessert signifiant littéralement "grand bonheur à la fraise" qui porte bien son nom.

Merci à Angélique pour la découverte ;o)



Après cette promenade gourmande au château Kanazawa-jo, nous traversons le Sanctuaire Oyama où de jeunes mariés sont en train de faire leurs photos officielles. Derrière Kenji, remarquez également que les drapeaux japonais sont de sortie : c'est exceptionnel vu que cela n'arrive que lors des jours fériés.





Nous enchaînons ensuite bus et train pour rejoindre Osaka : la suite de nos aventures au prochain épisode.

vendredi 2 mai 2014

TESTE POUR VOUS : LES CRUSTACES DE KANAZAWA

Vous l'aurez constaté sur la carte qui introduisait le papier précédent : nous sommes aujourd'hui au bord de la mer et c'est tout logiquement que ce sont les crustacés qu'il faut manger comme spécialité locale. Après avoir posé nos sacs à l'hôtel, nous prenons le bus pour le marché Omicho où notre balade est écourtée par la faim. En effet, à l'étage de cette halle couverte se trouvent de nombreux restaurants. Nous optons pour une enseigne où sont affichées des assiettes permettant de goûter différents produits pêchés non loin.





Non, vous n'avez pas rêvé, il y a bien de la feuille d'or dans mon assiette : le nom de la ville Kanazawa signifie en effet "marais d'or". Autre curiosité dont les Européens ont moins l'habitude : si le crabe est cuit, le poisson ne l'est pas et, surtout, la crevette est crue, décortiquée juste entre la tête et la queue. Ca ne vaut quand même pas le homard canadien - clin d'oeil à Pit et Malolo - mais j'ai adoré le crabe !


KANAZAWA : DES SAMOURAIS A L'ART CONTEMPORAIN

Nous quittons Takayama par le train de 11h en direction de Kanazawa, via Toyama. Si nous sommes toujours dans la région du Chubu, nous avons quitté les Alpes japonaises pour nous rendre sur la côte nord.



A la sortie de la gare, une massive porte ouvre sur la ville de Kanazawa
Une ville bien fleurie
Epargnée par les catastrophes naturelles ainsi que par les bombardements de la 2e Guerre mondiale, Kanazawa a conservé intacts certains de ses vieux quartiers, notamment celui qui fut habité par les guerriers près de la rivière. A noter qu'on parle bien ici des samouraïs mais que, avec la pacification qui survient au Japon durant l'époque Edo (à partir du XVIIe siècle), la fonction combattante des guerriers diminue et ils passent alors d'un boulot de fonctionnaires armés (comme nos forces de l'ordre actuelles) à un travail de fonctionnaires administratifs. Ne les imaginez donc pas en train de combattre dans ces ruelles aux murs de terre, même s'ils continuaient à s'entraîner au cas où... 





Après une présentation historique (comme d'habitude étayée par des illustrations qu'il nous montre sur sa tablette) du quartier Nagamachi, Kenji nous emmène visiter la maison des Nomura, une très riche famille de samouraïs. L'intérieur est assez sobre, comme la maison des commerçants visitée hier à Takayama, mais le magnifique jardin vaut notamment qu'on s'y attarde.





Parmi les objets bien conservés que l'on découvre dans la maison, cette lettre est plutôt impressionnante. Il s'agit d'un courrier qu'un homme adresse à l'un des samouraïs de la famille Nomura en 1566 afin de lui faire part du fait qu'il a apprécié qu'il travaille si dur pour combattre un guerrier haut placé et qu'il est très content d'avoir reçu la tête de cet ennemi. Peu courant de nos jours comme type de missives...


A Kanazawa, de l'époque des samouraïs à la nôtre, il n'y a qu'un pas. Ou plutôt qu'un bus. En effet, la carte d'une journée que nous avons achetée pour circuler avec les transports en commun classiques nous permet également d'emprunter le "Loop bus", un petit véhicule touristique qui fait le tour de la ville. La suite du programme étant libre, le groupe se disperse.



Certains montent avec moi dans le bus mais descendent quelques arrêts plus tard dans l'ancien quartier des geishas tandis que je continue seule vers ce que j'aurais vraiment regretté de ne pas voir : le Musée d'Art contemporain du XXIe siècle (Nijuisseiki bijutsukan). Datant d'à peine 10 ans (il a ouvert en 2004), c'est un musée extrêmement novateur, tant dans son design circulaire unique que dans les oeuvres permanentes et expositions temporaires qu'il présente. Il attire les amateurs d'art du monde entier (même une Belge aujourd'hui !) et j'étais curieuse de pénétrer dans son univers réputé ludique. Si je ne devais vous parler que d'une oeuvre, ce serait The Swimming Pool (2004) de Leandro Erlich. Que vient faire une piscine dans un musée, me demanderez-vous ? Bousculer votre perception de la réalité, pardi ! Il s'agit en effet d'un trompe-l'oeil qui permet au visiteur aussi bien de plonger le regard dans l'eau mouvante que d'entrer sous l'eau sans se mouiller... tout en observant vers le haut à travers la surface. Une expérience à vivre et une intéressante réflexion sur les a priori...