dimanche 29 septembre 2013

TEL PERE, TELLE FILLE : TODI SU'L VOYE

"Todi su'l voye", c'est une expression en wallon pour dire "toujours sur la route". Et c'est clair que s'il ne fallait citer qu'un point commun entre mon père et moi (outre nos agendas respectifs toujours remplis de mille et une activités), c'est qu'on est souvent en vadrouille aux 4 coins du monde. Et je ne dis pas "aux 4 coins du monde" à la légère vu que assez tôt dans ma jeunesse j'avais déjà foulé chacun des 5 continents et que je continue encore et encore à partir à la découverte de nouvelles destinations...

Petit aperçu de "quelques" pays déjà - partiellement - visités :

Europe : Autriche, Belgique (oui je parcours aussi mon propre pays), Bulgarie, Espagne, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Malte, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Suède, Tchéquie...
 
France, 1985
Hongrie, 2013
Afrique : Egypte, Sénégal, Tunisie...

Tunisie, 1988
Sénégal, 2002 : avec l'ONG SOS Faim

Océanie : Australie... (oui, j'ai encore de la marge sur ce continent) 

Australie, 1995 : Koala Lone Pine (Brisbane)
Australie, 1995
 Asie : Chine, Japon (sans blague !), Philippines...

Philippines, 1995
Chine, 1998 : Grande Muraille
Amérique : Canada, Etats-Unis...

Québec, 1989 : ma cabane au Canada
Etats-Unis, 2000 : les bayous en Louisiane

Qu'est-ce que ce tour du monde vient faire sur un blog consacré au Japon, me demanderez-vous... C'est que, comme je l'avais déjà évoqué après mon premier séjour au pays du soleil levant (lire : Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage), c'est grâce à mes parents si j'ai développé ce goût du voyage et de l'ouverture aux autres.

Et si je décolle demain vers l'orient, mon paternel s'est lui envolé vers l'occident. La France l'avait déjà fait Chevalier (1999), puis Officier des Arts et des Lettres (2005), et c'est cette fois le Québec qui lui a remis ce 26 septembre 2013 l'Ordre des Francophones d'Amérique, une distinction qui a pour objet de "reconnaître les mérites de personnes qui se consacrent au maintien et à l'épanouissement de la langue de l'Amérique française" (pour plus d'infos, voir : le site du Conseil supérieur de la langue française). 

Mais même s'il oeuvre surtout dans la Francophonie, il nous a lancés mon frère et moi sur les routes d'un côté à l'autre de la planète. J'y ai pris goût. Je suis devenue curieuse de tout. Et les contacts de culture, ça rend une vie passionnante et riche ! Alors je voulais juste lui dire : merci pour ça, Papa ! Et je suis fière de toi.



(sur ce, je m'en vais finaliser ma valise... enfin, la valise que je lui ai empruntée car il en a plein et de tous les modèles, ce papa voyageur)

jeudi 26 septembre 2013

SHIKOKU EPISODE 3 : J'AI HATE !

Dans une semaine, je serai de retour sur la plus petite des 4 îles principales du Japon pour une 3e partie de ma randonnée à Shikoku avec Autrement le Japon (ALJ). Nous étions dans les forêts à l'est sur la route des temples 1 à 12 (préfecture de Tokushima) en octobre 2012 et au sud au bord de l'océan pacifique entre les temples 27 et 36 (préfecture de Kochi) en mai 2013. Nouveau changement de cap pour ce 3e épisode qui se déroulera à l'ouest dans la préfecture d'Ehime sur les chemins du temple 44 au 53. J'ai hâte !


J'ai hâte de me retrouver dans la nature japonaise à relever un nouveau défi sportif, même si cet épisode devrait être plus "light" vu qu'on passe de 22 km de moyenne à 15 km par jour. Mais on devrait plus profiter de notre ville de départ et d'arrivée (Matsuyama) par contre. A suivre...

J'ai hâte d'être dans l'avion, de partir pour 12 heures de vol à regarder film sur film sur ma télévision individuelle, à lire, à suivre l'avancée de l'avion sur la carte, à découvrir le menu proposé, à me balader dans les allées pour me dégourdir les jambes tout en observant les autres voyageurs et en me demandant s'ils partent ou reviennent, s'ils sont là pour le boulot ou le plaisir, s'ils sont heureux ou tristes à l'idée de rejoindre l'autre continent.

J'ai hâte d'être une nouvelle fois "lost in translation" dans ce pays dont je ne maîtrise pas la langue et où je me laisse conseiller par l'équipe franco-japonaise d'ALJ pour découvrir trésors culturels et gastronomiques, tradition et modernité, expressions typiques, habitudes étranges de mon point de vue d'Européenne de l'ouest et technologie délirante.

J'ai hâte d'avoir un peu de temps pour moi, pour faire de la photo, pour profiter de chaque instant, des divers détails des paysages qui s'offriront à nous, pour écrire dans mon carnet de bord et sur ce blog.

J'ai hâte d'avoir des transports en commun spacieux, confortables, climatisés... et surtout ponctuels !

J'ai hâte de retrouver mes "habitudes" à Kyoto, de retrouver les goûts que j'aime, de l'umeshu aux gyozas en passant par toutes sortes de poissons (katsuo no shio tataki, je n'ai pas oublié, Kenji !), d'en découvrir d'autres.

Mais ce dont j'ai le plus hâte, c'est d'être surprise au détour d'un chemin par l'odeur subtile du kinmokusei et de sourire en cherchant du regard ses fleurs orangées. Une odeur entêtante et rare - l'arbuste ne fleurit qu'une dizaine de jours par an, en octobre - qui m'a complètement conquise lors de mon premier automne au Japon. Un petit bonheur parmi ces plaisirs simples qui rendent la vie plus belle...

lundi 9 septembre 2013

SHIKOKU : CALLIGRAPHIES 27 A 36

Au moment où Shikoku 3 se prépare sérieusement, je me rends compte que je n'ai pas posté sur mon blog les clichés des pages de mon cahier de calligraphies (noukyouchou ou nokyocho) complétées lors de l'aventure Shikoku 2. Voici donc les calligraphies 27 à 36 collectées en chemin dans mon cahier pré-illustré, ainsi que les petites images de la divinité du lieu que l'on reçoit à chaque temple.

Temple n° 27 (Konomine-ji)

Temple n° 28 (Dainichi-ji)

Temple n° 29 (Kokubun-ji)

Temple n° 30 (Zenraku-ji)

Temple n° 31 (Chikurin-ji)

Temple n° 32 (Zenjibu-ji)

Temple n° 33 (Sekkei-ji)

Temple n° 34 (Tanema-ji)

Temple n° 35 (Kiyotaki-ji)

Temple n° 36 (Shoryu-ji)

Pour (re)voir les précédentes obtenues lors de Shikoku 1, consultez : Shikoku : Mes 12 premières calligraphies.

vendredi 24 mai 2013

SHIGA : CHATEAU D'HIKONE ET JARDIN GENKYU-EN

Nous voici donc à Hikone, toujours dans la Préfecture de Shiga, où se dresse un château sur le chemin de Nakasendo. Durant d'Epoque Edo, cinq routes majeures partaient en fait de la ville d'Edo (l'actuelle Tokyo) : la Tokaido rejoignant Kyoto en suivant la côte, la Nakasendo rejoignant Kyoto à travers les montagnes, la Koshu Kaido rejoignant Kofu, la Oshu Kaido rejoignant divers lieux au nord du Japon, notamment Shirakawa, et enfin la Nikko Kaido rejoignant - comme son nom l'indique - Nikko. 



Pour moi qui n'avais jamais visité de château (jo en japonais) avant mai 2013, Hikone-jo est mon 3e en quelques semaines après Kochi-jo (voir : Château de Kochi : ses remparts, son donjon) sur l'île de Shikoku et Nijo-jo (voir : Kyoto : le Château Nijo et ses magnifiques jardins). Dès l'entrée, nous retrouvons Hikonyan, la mascotte officielle de la ville, créée en 2007 afin de célébrer le 400e anniversaire du château. Et nous apprenons que ce chat au casque de samouraï sera présent à la Japan Expo à Paris début juillet 2013 ! (information confirmée sur le : site de la JE 2013)






Nous passons un premier rempart et commençons à grimper doucement en spirale vers le château achevé en 1622 après une vingtaine d'années de travaux. On doit le charme du site historique au bâtiment principal bien sûr mais aussi aux différentes tours, au double réseau de douves ainsi qu'à la nature qui se joue des murs de pierres pour pénétrer les lieux. Nous passons sous Roka-bashi, le pont corridor en bois qui pouvait aisément être détruit en cas d'attaque pour éviter que l'ennemi ne circule trop facilement.




Nous entrons par la porte de la tour Taiko-mon protégeant l'entrée principale et atteignons la petite plaine où se dresse le donjon. On dit qu'il a d'abord été édifié pour faire partie du Château d'Otsu mais qu'il a été transféré à Hikone par le clan Ii. Bâti à l’apogée de la construction des châteaux au Japon, ce bon exemple d’architecture défensive a échappé à la phase de destruction/reconstruction qu'ont subi tant d'autres sites durant l'Ere Meiji. Il subsiste donc comme l'un des plus anciens châteaux originaux construits dans ce pays et est d'ailleurs classé trésor national japonais depuis 1952.



Il n'est pas très grand (21 mètres de haut) mais il est renommé pour sa forme aux proportions parfaites et pour sa fonctionnalité. En plus de leur esthétisme, les pignons escarpés des toits empêchent l'attaquant d'y monter tout comme, à l'intérieur, les escaliers raides le freinent dans sa progression. Différentes sortes d'ouvertures (carrées, triangulaires...) dans les murs étaient prévues pour diverses armes (flèches, armes à feu...). On en dénombre 75 au total.






Comme on le devine sur la photo ci-dessus, la multitude de pignons a permis la réalisation de petites pièces secrètes dissimulées dans les soupentes, très utiles dans la stratégie de défense, notamment pour y cacher des armes. Pour nous, pas d'ennemis à surveiller à l'arrivée au sommet de la tour maîtresse (Tenshu), nous avons donc eu le temps de profiter pleinement de la vue sur la ville et l'immense lac Biwa.





Des dizaines de clichés, une glace et une photo de groupe plus tard, nous nous remettons en route...



Comme le dit très bien ALJ, les murs blancs et les tuiles des toits ressemblant à des envols d’oiseaux vont de pair avec son magnifique jardin, nommé Genkyu-en. Nous retraversons donc les douves intérieures afin de nous rendre dans ce jardin dont la réalisation fut initiée en 1677. Non sans saluer au passage un cygne bien installé (clin d'oeil au membre du groupe qui a dit "oh, regardez, une oie !" en traversant le pont).




Tadashi nous avait dit que ce jardin en valait la peine et il ne nous a pas menti. Quatre petites îles sont disséminées dans un étang imposant, la nature se reflète à la surface de l'eau, le soleil sublime les couleurs des végétaux et on aperçoit toujours en arrière-plan le Château d'Hikone. Des maisons de thé et de charmants ponts complètent le paysage. C'est vraiment magnifique !





Nous flânons un bon moment dans ce jardin et croisons même un couple de jeunes mariés en pleine séance photos. C'est ainsi que s'achève cette longue et très belle journée de visites dans la Préfecture de Shiga. Le soleil décline et un train local nous ramène vers Kyoto...

 

SHIGA : RETOUR A L'EPOQUE EDO

Après une petit pause sucrée pour reprendre des forces (lire : Testé pour vous : une pâtisserie Club Harie), nous retrouvons les agréables douves de Omihachiman afin de nous rendre dans un autre quartier. En chemin, nous visitons l’intérieur d’une ancienne maison conservée dans l'état qu'elle avait au XVIIe siècle pour mieux appréhender la vie de l’Epoque Edo (1603-1868).






Le petit rectangle découpé dans les tatamis est l'endroit où on faisait le feu. Notez la hauteur de la barrière (au moins 10 cm !) : en Europe les visiteurs auraient vite fait de l'enjamber pour aller voir les choses de plus près mais au Japon on respecte les règles, ce qui permet une muséologie avec des contraintes moindres pour veiller à la préservation.

Ce qui a particulièrement touché la littéraire que je suis, ce sont les vieux livres exposés, notamment les cahiers de comptes des commerçants de l'époque. Quand on voit les dates (1846, 1765, 1688...), je suis très impressionnée de me retrouver face à de tels documents historiques.



Nous enchaînons alors avec le musée des archives qui permet de s'imaginer la vie des commerçants de l'Epoque Edo grâce à une multitude d'objets bien conservés. Certains ne nous sont pas inconnus, d'autres demandent un mot d'explication mais Tadashi n'est jamais bien loin pour répondre à nos questions. 

Pour ceux qui s'interrogeraient sur ce que l'attirail du samouraï fait là, c'est juste que je voulais profiter de l'avoir croisée à cet endroit pour mentionner que, avec la pacification qui survient au Japon durant cette période, la fonction combattante des guerriers diminue et de nombreux samouraïs passent alors d'un boulot de fonctionnaires armés (comme nos forces de l'ordre actuelles) à un travail de fonctionnaires administratifs. Eh oui !



Bon ça c'est plus récent comme archives des commerçants du quartier mais, si on replonge à l'Epoque Edo, ça ressemblait à ça :



Cet objet mystérieux était en fait une horloge à encens (on se repérait à la vitesse à laquelle brûlait l'encens). Et ci-dessous, à côté de la moto (tous les objets conservés ne sont pas vraiment classés par époque !), vous pouvez voir un immense tonneau avec une fenêtre : c'est l'ancêtre du sauna :



Après cette curieuse visite, nouvel arrêt (là on commençait vraiment à avoir faim !) pour quelques minutes d'explications historiques devant la statue d'un Américain polyvalent qui a marqué la région : William Merrell Vories. Arrivé au Japon en 1905, il fut professeur d'anglais dans la première école commerciale du pays. Ensuite, il devint architecte et fut à l'origine du design de pas moins de 1600 bâtiments dont l'école, la bibliothèque et l'hôpital de la ville font partie. Et enfin, William Merrell Vories est aussi connu pour avoir fait découvrir aux Japonais la crème mentholée Mentholatum (clin d'oeil à mon frérot qui bosse dans le pharmaceutique et qui connaît peut-être ce produit datant du XIXe siècle et encore commercialisé aujourd'hui). Un sacré businessman en tout cas !


Cette fois, l'heure du repas est vraiment arrivée. Autrement le Japon (ALJ) nous avait commandé un curry local afin que nous goûtions au boeuf de Omi, une viande réputée au Japon. 



Petit passage par l'office du tourisme où sont exposées des photos de tournages ayant eu lieu dans la cité (je vous en parlais dans : Shiga : Omihachiman et lac Biwa) mais nous n'avons pas de temps à perdre car nous devons reprendre le train afin de rejoindre notre destination de l'après-midi, toujours au bord du lac Biwa : le Château d'Hikone. Tadashi nous fait découvrir au passage Hikonyan, la mascotte officielle de cette autre ville de la Préfecture de Shiga.



La suite du récit de la journée dans le papier : Shiga : Château d'Hikone et jardin Genkyu-en.