samedi 5 octobre 2013

SHIKOKU : TRIPLE OSETTAI AU TEMPLE N° 46

Quand le réveil sonne à 7h, cela fait déjà plusieurs heures qu'il drache sur la région de Matsuyama. Dans la salle des repas du ryokan, le petit déjeuner nous attend. Il est un peu déconcertant pour les gens qui - contrairement à moi - ne mangent jamais de salé le matin : poisson grillé, œuf, tofu (non, toujours pas pour moi), riz, pickles, soupe, natto (plat traditionnel gluant et odorant à base de haricots de soja fermentés : ça, c'est trop pour moi, je passe mon tour), prune sure, thé... L'auberge nous a aussi préparé un lunch pour pas cher car on ne risque pas de trouver de repas en pleine nature.
 
La pluie intense confirmée pour toute la journée nous impose une réunion  de crise car la descente difficile dans la montagne prévue ce matin risque d'être fort peu praticable à cause des coulées d'eau et de boue. Une fois les différentes options exposées, nous choisissons de continuer quand même mais de partir d'un peu plus bas que prévu et via un autre itinéraire.




Le minibus de l'auberge nous descend à l'arrêt de transports en commun bien à temps pour attraper un des rares bus circulant ce samedi. J'ai équipé mon sac à dos de sa carapace verte anti-pluie et presque tout le monde s'est acheté un traditionnel parapluie transparent japonais à l'auberge (j'ai une veste mais ça ne protège pas l'appareil photos et si je veux avoir quelque chose à poster sur ce blog...).





 
Le bus nous laisse sur un bord de route et nous trouvons assez rapidement le chemin repéré sur la carte afin d'atteindre le premier temple de la journée situé à environ 3 km. Les paysages sont couverts de brume et cela crée une ambiance particulière. Il fait quand même plus de 20 ° C et c'est au son des gouttes tombant de manière assez rythmée sur nos parapluies que nous entamons notre descente.
 



Vous devez vous dire "oh les pauvres, obligés de randonner sous la pluie" mais je me dis que, sans cette météo, nous n'aurions jamais atterri sur ce chemin alternatif bordé de mandariniers. Et sans vouloir être d'un optimisme fatiguant, moi je suis très contente de pouvoir déguster une mandarine directement venue de l'arbre. L'expression "du producteur au consommateur" prend aujourd'hui tout son sens !



 
Nous poursuivons notre marche sous les arbres et puis dans le village, les parapluies transparents nous permettant de profiter du paysage presque comme si de rien n'était. La pluie amplifie même certaines odeurs, dont celle enivrante du kinmokusei dont je vous parlais dans : Shikoku épisode 3 : J'ai hâte ! 





Et nous arrivons donc au Temple n° 46 (Joruri-ji), fondé comme beaucoup de temples de la région par Gyoki au 8e siècle et restauré par Kukai qui en fit un lieu sacré au 9e siècle. Nous y trouvons un abri qui - ça tombe bien - est situé juste à côté du bureau de calligraphies, où nous recevons une mandarine mikan en guise d'osettai, la fameuse offrande au pèlerin pour soutenir le henro qui réalise le parcours à pied (je vous en ai déjà parlé à plusieurs reprises et notamment dans : Shikoku : Temples n° 4 et 5, les pseudo-pèlerins sont de sortie).
 
Et alors que nous profitons un peu de l'abri au sec et qu'Amélie me soigne une méchante piqure d'insecte au visage avec une crème à la cortisone (avec cette humidité, il fallait s'attendre aux attaques des bestioles), nous recevons en plus deux biscuits : l'un très beau avec le henro dessiné dessus et l'autre style "biscuit palmier" d'Europe. Ce qui nous fait un triple osettai dès le matin. Il faut croire que le gaijin (non-japonais) bravant les éléments pour continuer son chemin fait un peu pitié aux locaux.






 
J'en profite pour mentionner que la peau de la mandarine mikan oscille entre l'orange et le vert : le fruit que j'ai reçu était donc parfaitement mûr, au cas où vous vous poseriez la question... ;o)
 
Avant de repartir, Pierre-Alain nous fait la lecture de la minute historique et nous prenons quelques clichés des attributs qui distinguent ce temple des autres : un arbre (un genévrier, si je me souviens bien) qui a plus de 1000 ans et des empreintes de pied de Bouddha.






 

4 commentaires:

  1. DJ avec son petit béret en pleine campagne japonaise, moi je dis, c'est trop top :)
    ;)

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  2. By way of reading a translated summary of your blog, I came here.

    It was an unfortunate that "Nattsutoh" - fermented soy beans was not your taste.
    Same as you have so many Cheese in your country, there are many types of Nattsutoh with its size, shape, kinds of the bean, smells or no smell, etc.
    The photo suggested you were served one of the most popular one.
    I think if you savor the other soybean products such as various kinds of Toufu - bean curd cookings or traditional confectioneries of beans, then you will find the charm of it more.

    In Shikoku, there is a famous delicacy called "Katsuo-no-Tataki" - straw roasted bonito fish fillets are grilled in medium rare, sliced of them are served with chopped greens and sauce.
    You can eat it in Tokyo or other big cities, but the authentic method ( straw roast ) applying is, probably, only available in Kouchi prefecture, Shikoku.

    Sanuki province has a popular casual food called "Sanuki Udon". Its texture is strong and tough. You can eat it with surprisingly low price.

    Shikoku island has a famous river of clean water,
    "Unagi" - eels are living in that Shimanto River.
    Try to eat Unagi cuisine such as "Una Jyu".
    Like the Spanish and the Hollander, if you were familiar with that eel, you can enjoy the meal without prejudice.

    The orange you've got is probably "Wase Mikan". The early harvesting Wase Mikan has fresh and nice acidity, you were lucy woman.

    In the inland sea named Setonaikai, there is a unique island of some hundred rabbits - Ohkuno Shima.
    The island has one lodge, you can enjoy the time with rabbits.

    Taro

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    1. I didn't know there is a translation of the blog... Are you from Shikoku ?

      I know katsuo and I LOOOVE katsuo no shio tataki : http://japaninjuly.blogspot.jp/2013/05/teste-pour-vous-la-bonite-katsuo-sous.html

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    2. Hi Celine,

      Yes, there is.

      I live in Tokyo, and have never been to Shikoku.

      Indeed, you love Katsuo fish !
      In the broth and soup stock, we use "Katsuo Bushi" - shavings of a long fermented Katsuo fillet ( the hardest fermented food among the world ) with "Konbu" - dried kelp, and Miso soup has them, too.

      If you have any questions about Japan culture, sightseeing, etc, I will reply to you but upto the end of this week.

      Enjoy Japan.

      Taro

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