mardi 14 mai 2013

KYOTO : SURPRENANT JARDIN DES BEAUX-ARTS

A côté du Jardin botanique de Kyoto dans le quartier (et à l'arrêt de métro) Kitayama, on trouve aussi le Jardin des Beaux-Arts de Kyoto. J'étais curieuse de savoir ce que pouvait bien être un tel jardin et nous avions donc acheté le billet combinant les deux entrées. Il s'agit en fait d'une structure en beton armé qui, tel un musée à l'air libre, intégre la nature environnante (le ciel, le jardin voisin...), des jeux d'eau et de grands classiques de la peinture reproduits sur des panneaux de porcelaine. Cette architecture originale signée Tadao Ando est un peu difficile à expliquer alors je vous ai photographié le dépliant pour que vous ayez une idée de l'ensemble (voir aussi le site en japonais : www.kyoto-toban-hp.or.jp).


C'est en réalité surprenant de pouvoir se balader dans ce "jardin" et de pouvoir admirer en plein air ces oeuvres. Je devrais même dire "en pleine eau" pour la première vu que les Nymphéas de Monet sont présentés en milieu aquatique... ce qui est assez logique quand on y pense ! Je mets une autre photo prise de profil pour que vous imaginiez bien que l'oeuvre est sous eau et que de là coule une cascade à suivre pour se rendre à l'oeuvre suivante.

 
 
Au fil de la découverte de cette structure sur plusieurs étages au design original, on croise de célèbres oeuvres japonaises (avec les animaux) et chinoises (scènes du Moyen-Âge)...
 

 
 
 
 

... mais aussi des classiques venus du continent européen comme le "Jugement dernier", immense fresque de la chapelle Sixtine à Rome peinte par Michel-Ange, "La Cène" de Leonard de Vinci ou encore "Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte" de Seurat.
 
Le site est assez récent (début des travaux en 1992 ; inauguration en 1994) et n'est vraiment pas grand : 4 oeuvres furent créées pour  l'évènement The 1990 International Garden and Greenery Exposition et 4 autres réalisées pour cet ensemble. Mais ce fut le premier jardin d'oeuvres d'art en extérieur et rien que pour l'originalité du concept de pouvoir se balader dehors, en plein soleil, avec le son apaisant de l'eau qui coule des différentes cascades, au milieu de ces reproductions de chefs d'oeuvre de l'histoire de l'art, ça valait le détour.
 
 
 

KYOTO : PROMENADE AU JARDIN BOTANIQUE

Profitant du beau temps qui s'annonçait, Tadashi a choisi le Jardin botanique de Kyoto parmi mes suggestions de lieux de promenade. Pour s'y rendre, rien de plus simple vu que la carte SUICA (carte magnétique rechargeable des transports en commun de Tokyo) est depuis mars 2013 valable à Kyoto aussi : prendre le métro jusque l'arrêt Kitayama et la billetterie est juste à gauche de la sortie. 
 
Outre une Belge curieuse, on y croise des peintres (parfois loin de leur sujet afin de se protéger à l'ombre des rayons du soleil), des classes de petits Japonais (désolée pour la photo de dos mais ici - comme dans bien d'autres pays - il est interdit de photographier des enfants sans autorisation), des statues originales... et des fleurs bien sûr !
 
 
 
 
 
 
Le Jardin botanique de Kyoto est plutôt ancien vu qu'il a ouvert ses portes en 1924. S'il a fermé temporairement à partir de 1946, il a pris un nouveau départ en 1961. Il accueille aujourd'hui 700.000 visiteurs par an, couvre une superficie de 240.000 m² et compte pas moins de 12.000 sortes de plantes ! Certaines parties sont couvertes de tapis de fleurs tandis que d'autres illustrent des jardins à l'européenne ou à la japonaise, voire des jardins sauvages ou de petites forêts. Il y a également des aires thématiques comme pour les cerisiers, les iris, les bambous, les bonzais, etc. Une énorme serre abrite quant à elle des plantes tropicales que je ne connaissais pas (je ne parle pas des bananes, bien sûr).
 
 
 
 
 
 
 
Comme je sais que certains de mes lecteurs - je salue au passage Papy, Dominique et Mai - passent du temps dans leur jardin afin d'en faire un petit havre de paix, je me disais que ces quelques clichés devraient les intéresser. :o)
 
 

KYOTO : RETROUVAILLES

Autrement le Japon, c'est comme une grande famille : quand on part avec ALJ et qu'on vit des aventures dépaysantes au bout du monde, on reste comme lié avec certains des co-voyageurs avec qui on a bien accroché (je salue au passage Florian et Cindy). Et puis il y a les épreuves de la marche sur l'île de Shikoku qui rapprochent aussi. Ca crée un vécu en commun et, tels d'anciens combattants, on aime se revoir et reparler du passé... ce qui crée de nouveaux bons moments qu'on partage et c'est une chaîne sans fin. Bref, tout ça pour dire que durant ces quelques jours libres à Kyoto avant Shikoku épisode 2, j'en profite pour revoir du monde que j'apprécie et qui vit ici. C'est le cas de Pierre-Alain qui a parcouru avec moi les chemins de Shikoku épisode 1 et vient d'entamer un cycle de deux ans pour apprendre le japonais dans une école de Kyoto. Et c'est aussi le cas de Pierre-Alain (non, tous les Français établis ici ne se prénomment pas comme ça) qui a eu la bonne idée de créer ALJ il y a déjà quelques années. Nous nous sommes retrouvés hier soir autour d'une table où se sont succédés de  nombreux plats que j'avais aussi envie de retrouver (poisson, gyoza, edamame...). Et ils n'ont pas dû me demander ce que je voulais boire pour fêter mon retour ici : umeshu* bien sûr ! :o)


Ce mardi, c'est Tadashi que j'ai retrouvé. Nous nous sommes baladés ensemble au Jardin botanique de Kyoto et avons ensuite visité le Jardin des Beaux-Arts de Kyoto (visites qui feront l'objet de mes deux prochains articles sur ce blog). Nous avons par après continué à bavarder autour d'une table : salade composée (cette fraîcheur faisait du bien vu les 30°C à l'extérieur) et pain maison. Pour le clin d'oeil, je vous mets une photo d'une page du menu qui m'a surprise : le Japon est bien le dernier pays où je m'attendais à trouver du gouda dans la pizza trois fromages !
 
 
 
* Pour plus d'infos sur ce vin de prunes (qu'on trouve parfois dans nos restos japonais - mais c'est meilleur quand on est dans le pays de production - sous le nom plum wine), lire : Testé pour vous : L'umeshu.

lundi 13 mai 2013

BALADE DU COTE DE TO-JI ET CALLIGRAPHIE N° 0

Si vous avez suivi la première partie de cette marche en octobre dernier, vous vous souvenez peut-être qu'avant de partir sur l'île de Shikoku nous étions passés à To-ji (Kyoto), considéré comme le Temple n° 0 (lire : Shikoku : Explication du parcours et Temple n° 0 sous le regard de Kukai). Il y a sur ce site un petit magasin permettant de s'équiper pour l'expédition mais j'avais préféré attendre la boutique du Temple n° 1 afin d'acquérir une version du cahier avec images. J'ai donc récolté les calligraphies de 1 à 12 - que je vous avais photographiées pour le papier Shikoku : mes 12 premières calligraphies - mais il me manquait la n° 0.

Oubliant tout décalage horaire, j'ai donc pris la route sous le soleil tapant pour me rendre en ce lieu inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO. J'ai salué la statue de Kukai à qui l'on attribue la création du pélerinage (je vous invite vraiment à relire les sujets de l'an passé - voir classement par dates au bas du blog et reprendre les papiers du 12 au 15 octobre 2012 - pour en savoir plus car, si je remets les mêmes histoires en 2013, mes fidèles lecteurs vont trouver que je me répète). Tant que j'y étais, j'ai sorti le cahier de calligraphies pour lui montrer les 12 déjà récoltées à l'automne. Et puis j'ai localisé le guichet pour demander qu'on y ajoute la n° 0 (le prix n'a pas changé : c'est toujours 300 yens, soit environ 3 euros).

 
 
 
 
 
 
Je n'ai rien compris au petit feuillet qu'on m'a remis (je demanderai des explications à Kenji mercredi) mais j'ai trouvé ce moment de la réalisation de la calligraphie sous nos yeux toujours aussi touchant. Ca a l'air compliqué et précis ; pourtant les gestes du bonze sont rapides, calmes et assurés. La calligraphie est le résultat de la combinaison de deux domaines que j'aime - la peinture et l'écriture - et c'est peut-être la raison pour laquelle ça me plaît. Et parfois c'est aussi la preuve qu'on a bien atteint ce temple après avoir parcouru un solide chemin, long ou pentu, voire les deux (souvenez-vous du Temple 12 !).

Je découvre alors un coin du site que nous n'avions pas traversé l'an passé : le jardin. C'est un agréable endroit et je m'y balade un moment, m'approchant de la très haute pagode, photographiant des tortues et admirant les plantes et fleurs du printemps au Japon.

 
 
 
 
 
 

BRUXELLES - PARIS - OSAKA - KYOTO

Cette nouvelle aventure a donc commencé dimanche matin à la Gare du Midi à Bruxelles où j'ai pris le TGV Europe. Dans le train et à l'arrivée à l'aéroport Charles De Gaulle (Paris), j'ai aidé une dame qui avait un peu de mal à se répérer... et il s'est avéré que c'était une Japonaise qui prenait aussi l'avion vers Osaka après avoir passé quelques jours à Bruxelles pour assister à une partie du Concours musical Reine Elisabeth (plus d'infos sur la session de cette année consacrée au piano : http://www.cmireb.be/). Ceux qui me connaissent se doutent que cet intérêt commun pour la musique a lancé tout naturellement le dialogue. Une sympathique rencontre.
 
Toujours à l'aéroport, j'ai croisé le temps d'un sandwich Antoine alias Dragon Celtique que je retrouverai mercredi pour partir sur l'île de Shikoku. Il prenait de son côté un vol pour Tokyo via Dubai avec la compagnie Emirates. Car les participants à Shikoku de ce printemps n'ont pas pris un voyage complet d'Autrement le Japon (ALJ) mais on a tous des voyages à la carte avec cette partie de pélerinage du 15 au 19 mai en commun. Donc chacun a réservé ses vols et ALJ s'est occupé des logements et activités en fonction des souhaits des différents participants (c'est ce que ALJ appelle un "voyage terrestre", vu qu'on gère nous-mêmes l'aérien). C'est vraiment pratique d'avoir son idée du voyage et puis d'avoir des Français et Japonais sur place qui concrétisent notre demande.
 
 
 
 
 
 
Mon avion Air France était loin d'être plein alors l'équipage nous a spontanément proposé de nous répartir comme on voulait, si bien que chacun avait 2 ou 3 sièges pour lui seul. Vraiment cool pour un long vol ! Plateau repas délicieux (poulet sauce piment d'Espelette, duo de pâtes perles et de quinoa entre autres), choix de films et séries à la demande vraiment varié, des passagers calmes et qui n'encombraient pas les allées quand je me baladais pour me dégourdir les jambes... Bref, très agréables 10h50 de vol (9650 km) : je n'ai pas vu le temps passer. En plus, mon instinct m'a fait me réveiller en pleine nuit au moment où le personnel de bord passait silencieusement en proposant des glaces à ceux qui ne dormaient pas !
 

 
A l'aéroport international du Kansai (KIX) à Osaka, j'ai trouvé que le Japon avait renforcé la sécurité par rapport à mes visites précédentes : empreintes, photo, inspecteur d'immigration, chiens anti-drogues et même fouille de ma valise ! Première fois depuis les dizaines d'années que je voyage... Et c'est là que la légende du Henro a fait son effet (pour plus d'infos sur le Henro, lire notamment : Shikoku : Temple n° 1 et équipement du Henro). Quand ils m'ont demandé de prouver que j'avais des guides touristiques, j'ai sorti le guide des 88 temples de Shikoku et mon cahier de calligraphies. Et là le contrôle s'est arrêté : respect le plus total quand ils ont vu que j'avais déjà commencé le tour de l'île et que je venais le continuer. Kukai veille sur le Henro dès son arrivée à l'aéroport en fait. ;o)
 
 
 
 
Enfin sortie de l'aéroport, je me suis dirigée vers la Gare JR (Japan Railways) car ALJ m'avait conseillé de prendre le train Ltd. Express Haruka pour me rendre d'Osaka à Kyoto. C'est avec plaisir que j'ai retrouvé les trains japonais spacieux, très propres (comme vous pouvez le lire sur la photo ci-dessus, à chaque arrivée au terminus, la compagnie effectue un nettoyage avant l'embarquement des nouveaux passagers ; de plus, le personnel fait pivoter tous les sièges dans l'autre direction de sorte que tout le monde est assis dans le sens de la marche) et climatisés. Car il fait bien chaud ici - près de 30 degrés - et le soleil tape. Après 1h15 de trajet (à entendre mes voisins parler néerlandais : original !), je suis arrivée à la Gare de Kyoto et j'ai traîné ma valise jusqu'à mon hôtel. Le check in s'est fait très aisément grâce à ma carte de membre Toyoko Inn Club et au fait que ALJ avait tout réservé pour moi (pour voir ma chambre, je vous renvoie au sujet de l'an passé vu que les hôtels de cette chaîne ont tous un design semblable : Tokyo : Bien arrivée et installée à Ikebukuro).
 
Tout ça pour dire que je suis bien arrivée (mon frère va encore dire que je ne sais pas faire court) après ce périple Bruxelles - Paris - Osaka - Kyoto. Prête pour de nouvelles découvertes. Et avec mon premier nouveau tampon dans mon cahier de bord pour la collection de cachets japonais : celui de la Gare JR de Kansai Airport.
 
 
(pour rappel, vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir)
 

lundi 22 avril 2013

JAPON SAISON 3 / SHIKOKU EPISODE 2

Eh oui, le blog reprend du service. J'aurais pu vous dire que je me remettais en route mais je l'avais déjà fait l'an passé (lire : On the road again !). Et puis "Japon saison 3 / Shikoku épisode 2", c'est plutôt clair : je m'en vais tester le Japon au printemps après l'avoir visité en été (juillet 2011) et en automne (octobre 2012) - j'ai bien fait d'ajouter "et autres saisons" au titre du blog - et si je repars c'est notamment pour continuer la marche entamée sur la petite île de Shikoku avec Autrement le Japon (ALJ).


Nous étions à l'est dans la préfecture de Tokushima la première fois pour les temples 1 à 12 (lire notamment : Shikoku : explication du parcours et temple n° 0 sous le regard de Kukai), nous serons cette fois au sud dans la préfecture de Kochi pour les temples 27 à 36. Ca nous promet des paysages très différents vu que nous serons pas loin de l'océan pacifique alors que nous étions plus dans les terres en octobre. En plus, c'est de là qu'est originaire notre guide et ami Kenji, ce qui nous promet aussi de belles soirées à Kochi (entre autres pour découvrir la gastronomie locale, vous me connaissez). Et puis une partie de la fine équipe de l'épisode 1 sera de la partie (et on pensera bien fort aux absents, c'est sûr), ça devrait donc se faire dans la bonne humeur... ;o)



Après ce nouveau défi sportif (ça va grimper, on va faire des parties d'étapes à vélo et croiser des serpents, bref l'aventure quoi), je rentrerai sur Kyoto où je poursuivrai ma découverte de cette cité que j'aime beaucoup, notamment avec notre autre guide et ami Tadashi. Et même que dans le groupe ALJ arrivé de Tokyo que je rejoindrai pour faire quelques visites, il y aura d'autres Belges ! En résumé, ceux qui avaient bien compris au travers de mes récits précédents que j'y retournerais avaient vu juste. Probablement pour ça que je n'étais pas trop triste au moment de décoller d'Osaka en octobre dernier...