vendredi 17 mai 2013

SHIKOKU : TEMPLE N° 36 ET MARCHE LE LONG DU PACIFIQUE

La fine équipe se retrouve donc dans la petite ville côtière d'Usa et reprend des forces grâce à de beaux plats de sashimis. Rien à faire, on est au bord de l'océan et on sent clairement la différence dans la fraîcheur du poisson. Miam ! Mais ce n'est pas tout ça, 4 km nous séparent encore du temple suivant et nous ne traînons donc pas au restaurant.


 

 
 
 
C'est vraiment sympa de marcher le long du Pacifique. On s'arrête pour regarder la mer (qu'on voit danser), prendre des clichés, parler du sable gris (à cause de la roche volcanique qui le compose) avec Kenji, des pointes de béton pour casser les vagues... et on en perd Pierre-Alain qui trace seul devant. Il s'arrête plus loin pour fumer mais nous ne le voyons pas et arrivons au final les premiers au temple alors qu'il est toujours en train de nous attendre. Heureusement que le téléphone portable existe !
 
 
 
 
 
Nous sommes donc rentrés un peu dans les terres afin d'atteindre le Temple n° 36 : Shoryu-ji, c'est-à-dire Dragon Bleu (vous le voyez écrit en bleu au-dessus de la porte ?). Et qu'est-ce qui nous attend ? Des marches à gravir bien sûr. Ca faisait longtemps...


 
 
 
 

 
Mais pourquoi ce nom ? Quand Kukai était en Chine pour son apprentissage, il étudiait sous la direction de Keika, un patriarche du Bouddhisme Shingon, dans un temple nommé Dragon Bleu (Shoryu). Avant de quitter la Chine, Kukai aurait jeté un objet rituel de toutes ses forces vers l'est et l'aurait retrouvé plus tard à cet endroit. C'est alors qu'il a décidé d'y fonder un temple qui porterait le même nom en mémoire de son Maître. Il aurait battu des records aux Jeux olympiques, non ? ;o)
 
Nous redescendons vers la calligraphie en traversant un bois de bambous de tailles assez impressionnantes qui se fait prendre en photos sous toutes les coutures.
 
 
 
 

Avant de quitter les lieux, nous découvrons dans le distributeur de boissons un Minute Maid qui nous est inconnu. Kenji nous explique que c'est une édition limitée au yuzu qu'on ne trouve que dans la région de Kochi vu que cet agrume est une spécialité du coin. Tournée générale ! C'est bien bon, nous en reboirons avant notre départ de l'île.




 
Nous nous attardons un moment sur la plage avant de rebrousser chemin sur quelques kilomètres pour attraper un bus qui nous ramènera au centre-ville de Kochi au Comfort Hotel du premier jour. La nuit tombe et nous nous rendons au très populaire marché Hirome pour y manger d'autres spécialités locales en suivant les conseils avisés de Kenji (voir le prochain "Testé pour vous").

SHIKOKU : TEMPLES N° 34 ET 35

Le soleil peine encore à dégager les nuages de son chemin mais nous sommes déjà bon pied bon oeil sur les routes. Les premiers 2 km défilent assez vite et nous arrivons au Temple n° 34 : Tanema-ji (temple des graines). La légende raconte que Kukai a planté ici les 5 types de semences qu'il avait ramenées de Chine, à savoir riz, blé, haricot et deux sortes de millet.

 
 
 

 
Maintenant que vous le connaissez bien, vous aurez reconnu le tanuki à l'entrée du bureau des calligraphies. Le site compte aussi une statue de la déesse Kannon tenant un bébé dans les bras : les gens viennent la prier afin que les naissances se passent bien.
 
 
 
Au moment de repartir, Pierre-Alain qui aime goûter les fruits locaux (et nous les faire découvrir, à mon plus grand bonheur) s'arrête à un petit magasin afin d'acheter des konatsus (qui se traduit "petit été" car il faut les manger avant l'été) mais la vendeuse nous les offre comme osettai. Que d'offrandes aux courageux marcheurs européens cette année ! Et comme chaque fois, je demande à être prise en photo avec la personne qui nous aide généreusement.
 
 

 


Quand on a une maison originale et un jardin bien entretenu à l'avant, c'est un peu inesthétique de mettre sécher le linge devant la façade... Je dis ça, je ne dis rien. Il est beau sinon le chien japonais, hein ?

 
 

 
Bref nous voilà repartis pour une dizaine de kilomètres. Et cette fois le soleil est bien réveillé donc nous nous couvrons la tête et sortons les lunettes adéquates. Nous progressons dans la vallée, le long de la rivière et entre les rizières, puis enchaînons avec les côtes et les escaliers - vous voyez sur une des photos que de nombreux Japonais ont plutôt opté pour le taxi - pour atteindre le Temple n° 35 : Kiyotaki-ji (cascade pure).
 

 
 
 

 
 
Il n'était pas permis de photographier dans le bureau des calligraphies - ça arrive quand c'est le bonze lui-même et non un assistant qui s'en occupe - mais j'ai bien la mienne (et même un tissu reçu en cadeau au temple), ne vous inquiétez pas. Par contre, Pierre-Alain se rend compte à ce moment-là qu'il a perdu son cahier. Un coup de fil au temple précédent nous confirme qu'il est resté à l'étape 34 et voilà Pierre-Alain obligé d'embarquer dans un taxi afin d'aller le récupérer. Durant ce temps, nous admirons le paysage puis nous nous remettons aussi en route avec Kenji pour 3 km afin de rallier l'arrêt de bus. Les 15 km nous séparant du prochain temple sont en effet essentiellement sur bitume dans la ville et ne présentent pas d'intérêt alors nous voudrions nous rapprocher plus vite de la mer. Sauf que pas de bus prévu avant 15h et entre-temps Pierre-Alain nous a dégoté un resto de poissons. Nous nous entassons alors à notre tour dans un taxi (nous cinq et le chauffeur !) pour économiser un peu d'énergie et reformer la troupe au complet dans la ville d'Usa. Suite au prochain épisode...

TESTE POUR VOUS : LA NUIT AU RYOKAN (AUBERGE TRADITIONNELLE)

Après 10 km à vélo et plus de 20 km à pied, une nuit en ryokan était vraiment une bonne idée. Stéphanie et moi investissons très vite notre chambre. Notez que le siège des chaises est posé sur le sol (tatamis) - sans pieds donc - afin d'être à bonne hauteur pour la table basse. Et puisqu'il est coutume de laisser ses chaussures dans des casiers à l'entrée de ce type d'établissement, on se balade en chaussettes.
 
 
 
Un yukata (kimono d'été) est à disposition de chacun et la plupart des gens se déplacent dans cette tenue au sein des auberges traditionnelles donc nous revêtons le nôtre. Au ryokan Haruno no yu (Kochi), les clients ont accès libre au onsen et à sa version en extérieur appelée rotenburo. Je n'ai pas pu prendre beaucoup de photos des bains thermaux vu qu'il y avait du monde (nu) mais référez-vous à mon papier de 2011 : Testé pour vous : le onsen - reportage exclusif.
 
 
 
 
Après avoir largement profité des bains, bulles, douches, sauna, etc. et puis des crèmes hydratantes à disposition (coup de soleil quand tu nous tiens...), les filles font leur lit : vu qu'on a une chambre de 4 pour 2, on peut faire une double couche de futons au sol pour le confort du dos, contrairement aux hommes.
 
 
Dès que la chambre est prête pour la nuit, nous rejoignons les hommes du groupe afin de... manger de la bonite (katsuo). J'aurai vraiment fait une cure de poissons à Kochi ! Avec en plus un Melon Soda pour couronner le tout : que demande le peuple ? Bon, on aurait aimé de vraies chaises au lieu de manger au sol après l'effort physique de la journée car ça n'aide pas les jambes à se détendre mais ça aurait été moins traditionnel et moins drôle...
 
 
 
 
 
 
Au petit matin, après trop peu d'heures de sommeil (à cause du futon pour certains hommes, à cause d'un trop long bavardage chez les femmes), nous profitons une dernière fois des bains et nous nous rendons ensuite au petit déjeuner. Le maquereau et le riz à 7h du matin, je vous assure que ça donne de l'énergie pour marcher. Nous nous remettons d'ailleurs bien vite en route, après une dernière séance de photos en yukata.
 
 
 

jeudi 16 mai 2013

SHIKOKU : LA FOLLE ACCELERATION JUSQU'AU TEMPLE N° 33

Et nous voilà repartis sur les routes de Kochi. Il n'est pas rare qu'on croise ce type de panneau indiquant la direction à prendre pour se sauver dans la montagne si une alerte au tsunami retentit et on ne sait pas trop si on doit être rassurés ou pas...

 
Pour se rendre au Temple n° 33, le "Shikoku Japan 88 Route Guide" préconise de traverser la baie de Kochi avec un bateau réservé aux piétons et aux deux roues sinon il faut effectuer un énorme détour afin de prendre le pont qu'empruntent les voitures. Sauf qu'il n'y a qu'un traversier par heure et qu'il nous faut accélerer un fameux coup afin de l'attraper ! On a environ 6 km à parcourir sur le bitume d'un pas rapide : nos pieds et notre moral en prennent un coup... A peine le temps de s'arrêter pour photographier Kenji devant son école.
 
 
 
Et on n'est pas les seuls à galoper afin d'avoir ce bateau (cf. le pélerin au sac à dos jaune qui nous devance depuis ce matin) sauf que pour nous une surprise nous attend à l'embarcadère : le papa de Kenji qui habite non loin de là est venu nous amener des gâteaux (boshi pan : pain sucré en forme de chapeau ; la recette de cette spécialité locale serait née un jour où un pâtissier a raté la confection de ses melon pan) et du jus de yuzu (délicieux agrume japonais proche du citron). C'est notre 2e osettai de la journée (voir sujet précédent sur le Temple n° 32) et c'est vraiment très gentil de sa part. Une touchante mais brève rencontre avant d'embarquer pour une petite dizaine de minutes de bateau nous évitant un gros détour.
 
 
 
 
 
 
 
Après avoir soufflé quelques instants sur le traversier en dégustant les gâteaux et le jus du papa de Kenji, nous mettons pied à terre et marchons encore 2 km afin d'atteindre le Temple n° 33 : Sekkei-ji (chemin enneigé). Nous sommes arrivés à temps pour la calligraphie - les bureaux des temples ferment à 17h - mais cette folle accélération pour avoir le bateau nous a épuisés. Trop tard de toute façon pour continuer jusqu'au 34 (ce qui demanderait encore 6 km de marche). Nous décidons d'être raisonnables pour ce premier jour et prenons un taxi pour rejoindre le ryokan (auberge traditionnelle) où nous passerons la nuit. Ceci fera l'objet du prochain "testé pour vous".