lundi 15 octobre 2012

SHIKOKU : TEMPLES N° 11 A 12, L'EPREUVE

Après un costaud petit déjeuner au Central Hotel de Kamojima, nous nous mettons immédiatement en route car la journée en montagne sera longue et éprouvante. On s'arrête un instant pour acheter un pique-nique pour le midi pendant qu'on est encore en ville et puis direction le premier temple de la journée. Nous longeons les champs afin de nous rapprocher du pied de la montagne et, environ 3 km plus loin, nous arrivons au Temple n° 11 (Fujidera).

 




 
 
Et c'est là, avec cet escalier montant à flanc de montagne, que les choses très sérieuses ont commencé pour les 9 rescapés (Grégory a dû rentrer sur Tokyo pour donner ses cours de français et la cheville de Lydia l'a obligée à renoncer). Et ça grimpe, et ça grimpe, et parfois ça redescend, et ça regrimpe... Nous ne sommes plus que deux femmes et l'autre est une militaire avec un bon entraînement sportif : je vous laisse deviner qui de nous deux a galéré le plus. J'étais à la traîne sur cette section du pélerinage (merci Pierre-Alain d'avoir fait une partie à mes côtés) et je devais sans cesse m'arrêter pour faire redescendre la vitesse de mon coeur qui battait à tout rompre. Nous sommes d'abord montés à 626 m en environ 6,5 km pour redescendre à 571 m et revenir très rapidement à 745 m d'altitude.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
Kukai est avec nous, d'accord, mais notre sac à dos et l'eau à porter aussi - d'ailleurs merci à Kenji de m'avoir secourue avec sa bouteille de réserve quand l'eau a commencé à manquer - et la dernière côte avant la pause repas (moment de la photo de groupe) fut particulièrement ardue pour moi. Je n'avais d'ailleurs pas faim du tout en arrivant à ce sommet 15 minutes après les autres. J'ai à peine pu manger un demi onigiri. Mais même si ça m'ennuyait d'être dernière, j'avais le sourire car le jeu en valait vraiment la chandelle : la nature traversée en forêt était magnifique. J'ai juste été tétanisée un petit instant quand j'ai croisé un serpent à un moment où j'étais seule... Bref, après cette pause, on redescend en quelques minutes à 422 m tout ce que nous avions grimpé (un peu décourageant !) pour mieux remonter la montagne suivante à 705 m à travers chemins, racines, roches et parfois marches en rondins. Pour vous donner une petite idée de la topographie entre les temples 11 et 12, voici une carte du dénivelé à lire de droite à gauche :
 
 
 
 
Et puis après 13 km depuis le Temple n° 11, nous apercevons avec soulagement l'entrée du Temple n° 12 (Shosan-ji) et la source juste 400 m avant l'arrivée est un réel bonheur. On a souffert mais qu'est-ce qu'on est fiers d'avoir réussi cette épreuve. Je suis tellement contente que je vais sonner la cloche du temple (on a le droit, je vous rassure). L'appétit me revient et je peux enfin manger... et boire un Melon Soda pour fêter ça !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

dimanche 14 octobre 2012

PROVERBES ET DICTONS DU JAPON (5)

Ceci est le 100e post sur ce blog mais aussi le 5e concernant le défi que m'avaient lancé Agnès et Geoffroy d'illustrer au moins 5 phrases extraites du livre Proverbes et dictons du Japon. Il me semble que j'ai bien tenu le pari. J'en ai encore en réserve si le jury n'est pas satisfait... ;o)

 
 

(cet affreux guerrier qui devrait consulter et un dentiste et un ophtalmo a été photographié au Temple n° 7 (Juraku-ji) censé aider à remédier aux problèmes d'yeux. Sans blague ! ;o) Il ne leur fait pas une bonne pub en tout cas...)

SHIKOKU : TEMPLE N° 10 ET FIN DE JOURNEE A KAMOJIMA

Le soleil progresse dans le ciel et moi sur les chemins campagnards. On sent doucement la pente augmenter durant 4 km jusqu'à se retrouver au pied des 333 marches menant au Temple n° 10 (Kirihata-ji). Vous voyez les 3 fois 3 lignes horizontales sur le poteau à côté de moi ? C'est 333 écrit en japonais. Pour la petite histoire, le temple abrite aussi une tour (pagode) qui a été déplacée depuis le sanctuaire Sumiyoshi d'Osaka en 1873 : il faut croire que ce ne sont ni les distances ni un sérieux escalier qui arrêtent les Japonais...




 
 
 
 
On va encore dire que je ne pense qu'à manger mais après ces 666 marches (ben oui on les a redescendus ces escaliers), on a bien mérité un repas. Et comme on est dans la région des udon, direction un bon resto servant ces larges pâtes de farine de blé. Il y a plein de publicités pour ça le long du chemin en plus. Moi j'en prends une assiette avec du boeuf. D'autres optent pour des sashimis.
 
 
 

 
Ensuite se profile une marche d'une dizaine de km en direction de Kamojima où nous dormirons ce soir. En chemin, nous traversons entre autres la rivière Yoshinogawa que nous remontons ensuite. Rien de spécial à déclarer sur ce tronçon si ce n'est qu'une habitante du coin était tellement étonnée de croiser une bande de gaijin (non-japonais) en train d'effectuer le pélerinage à pied qu'elle a arrêté sa voiture sur le bord de la route pour nous prendre en photo !

 
 
 

 
En parlant de voitures, une autre chose que Kenji nous a fait observer : au Japon, les jeunes conducteurs ont sur leur auto un autocollant en forme de feuille de couleurs jaune et vert (style jeune pousse) et les personnes âgées une feuille de couleurs jaune et orange (style feuille morte, sympa quoi). Une façon pour les autres conducteurs d'avoir l'attention attirée sur ces véhicules potentiellement plus dangereux. Voici les deux exemples de stickers :

 
 
A la tombée de la nuit (ok, il fait nuit tôt ici : vers 18h donc), nous atteignons le Central Hotel (alias le Central Plaza sur le panneau du parking). Il se met à pleuvoir. Après une bonne douche, nous sortons manger un repas chaud improvisé dans un resto du coin puis nous rentrons nous reposer car la journée la plus difficile avec de méchantes pentes en montagne nous attend demain.


 

SHIKOKU : TEMPLES N° 7 A 9, LES KM S'ACCUMULENT

Mis à la porte de bonne heure par le bonze, nous revoilà tôt ce dimanche sur les routes de Shikoku mais le démarrage se fait en douceur vu qu'après 1 km nous voyons déjà poindre le toit de la haute porte du Temple n° 7 (Juraku-ji). De nouveau un lieu polyvalent vu que l'on y prie aussi bien pour tenter de remédier à des problèmes aux yeux que pour honorer la mémoire de petites âmes disparues suite à un avortement. On peut d'ailleurs dénombrer 70 jizo, statuettes vêtues de tissus rouges habituellement dédiées aux enfants décédés.

 
 
 
 
Vous connaissez "araignée du matin, chagrin ; araignée du soir, espoir" ? Sur Shikoku, ce serait plutôt "araignées toute la journée, on finit par s'y habituer". En effet, où que l'on regarde dans la campagne japonaise - et surtout au-dessus de soi, accrochées aux fils électriques (qui ne sont pas enfouis afin de ne pas creuser en vue de réparations après chaque tremblement de terre) - on aperçoit d'énormes toiles avec des araignées assez grosses et colorées par rapport à nos modèles européens. J'ai dû prendre pas mal sur moi pour ne pas traverser l'île en courant et hurlant... Jugez plutôt en quelques photos et comparez avec la taille des feuilles d'arbres (oui oui, tous les "points noirs" dans le ciel) :
 
 
 
 
Bref, nous poursuivons notre périple. Le ciel est gris mais la nature reste belle. Environ 4,5 km plus tard, nous arrivons au Temple n° 8 (Kumadani-ji). On se balade dans l'enceinte des lieux à la recherche d'un pin qui devrait avoir la forme d'un dragon selon mon bouquin mais aucune ressemblance n'est flagrante. Toujours est-il qu'une calligraphie s'ajoute à notre cahier et que nous reprenons notre petit bonhomme de chemin toujours aussi motivés malgré les ampoules aux pieds (note pour plus tard : mes chaussures de marche ont visiblement fait leur temps, penser à réinvestir dans du bon matériel).
 
 
 
 
 
Nous continuons alors notre route sur 2,5 km et nous nous arrêtons au Temple n° 9 (Horin-ji). Et après la visite, comme c'est un endroit dédié aux maux de jambes, nous nous posons un instant pour reposer les nôtres. Nous savons en effet que ça va grimper pour atteindre le prochain temple car la réputation de ses 333 marches le précède.
 
 
 
 
 
 

PROVERBES ET DICTONS DU JAPON (4)

D'accord la grenouille n'est pas dans le puits mais il me semble que le fait d'avoir croisé non loin l'un de l'autre un puits et une petite grenouille est un signe que je devais placer ce dicton japonais ;o)

 
 
 
(toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite... hi hi hi)