mercredi 7 mai 2014

SHIKOKU : TAKAMATSU ET LE PARC RITSURIN

Voici venu le moment d'entamer l'épisode 4 de notre randonnée sur Shikoku et donc de découvrir la 4e préfecture de l'île. En effet, pour rappel, Shikoku signifie 4 (shi) pays (koku) car l'île est divisée en 4 régions sur lesquelles sont répartis les 88 temples du pèlerinage :

1 - Préfecture de Tokushima (anciennement Province de Awa, du n° 1 au n° 23 + 66) : octobre 2012
2 - Kochi (anciennement Province de Tosa, du n° 24 au n° 39) : mai 2013
3 - Ehime (anciennement Province de Iyo, du n° 40 au n° 65) : octobre 2013
4 - Kagawa (anciennement Province de Sanuki, du n° 67 au n° 88) : maintenant ! (mai 2014)





Takamatsu, capitale de la préfecture de Kagawa où nous arrivons, a entièrement été détruite durant la 2e Guerre mondiale mais s'est progressivement relevée de ses cendres. Et si le nord-est de l'île (Tokushima et Kagawa) reste le centre industriel de Shikoku, il n'en demeure pas moins une région agricole (riz, blé, tabac, patates douces et nombreux fruits).

A noter qu'on trouve à proximité de Takamatsu un endroit passionnant où je rêve d'aller un jour : Naoshima, une île entièrement dédiée à l'art moderne.

Mais pour aujourd'hui, c'est plutôt vers la nature que nos regards vont se tourner vu que nous empruntons un mini train local (un wagon !) afin de nous rendre au parc Ritsurin, conçu à la fin du XVIe siècle.


Le chauffeur du mini train est en plein apprentissage avec ses 2 profs
Parmi les parcs possédant le label national "Paysage exceptionnel", Ritsurin est le plus étendu : 75 ha, 6 étangs, plus de 1000 arbres. Il est dit qu'il faut un jour entier pour admirer tous ses recoins ! Nous nous baladons une partie de l'après-midi dans ce parc dont je vous laisse apprécier la beauté au travers de ces quelques clichés : 








A l'origine, l'eau était montée par des serviteurs afin d'alimenter cette cascade pour le seigneur des lieux !






Nous nous installons ensuite dans notre hôtel de Takamatsu avant de ressortir à la découverte des spécialités locales. En effet, chacune des 4 préfectures de Shikoku a sa spécialité culinaire : sudachi (agrume très parfumé utilisé en cuisine) à Tokushima, katsuo no shio tataki à Kochi (j'adooore ce poisson !), jakoten (pâté de poisson) et mandarine mikan à Ehime, et enfin sanuki udon (grosses nouilles de blé tendre) et poulet grillé à Kagawa. C'est ce dernier que nous allons goûter ce soir. Miam !


KURASHIKI : BRUGES A L'OUEST DU JAPON

Kurashiki est une ville tellement grande que nous devons prendre deux trains pour passer du district de Kojima (où se situe le ryokan Bizen-ya) à celui de Kurashiki pour rejoindre la vieille ville. Nous laissons au passage nos gros sacs dans les casiers de la gare d'Okayama, ville déjà parcourue en 2013 (voir : Okayama : visite express sur le chemin de Shikoku et clin d'oeil à Keitaro pour les casiers), afin de visiter léger.



Cette ville du jeans propose même des kimonos dans cette matière textile !
La balade le long du canal est bien agréable et n'est pas sans rappeler la cité de Bruges en Belgique. Après la présentation de Kenji, nous flânons au gré du vent et des boutiques de la vieille ville (Bikan). Et évidemment nous craquons pour une glace à la pêche blanche, spécialité locale.






Il faut bien ça pour réconforter nos petits coeurs au moment de la dislocation du groupe. En effet, si la majeure partie continue son voyage "Japon des Emotions" vers Kyoto (où il sera guidé par Tadashi), Kenji rentre à Tokyo accueillir les voyageurs suivants et trois courageux - dont moi - retrouvent Pierre-Alain (qui dirige Autrement le Japon) afin de poursuivre la randonnée sur l'île de Shikoku que j'aime tant.

mardi 6 mai 2014

TESTE POUR VOUS : NUIT EN RYOKAN A KURASHIKI

Après Hiroshima et l'île de Miyajima, direction Kurashiki. Le trajet debout en train - la foule de la fin de la Golden week a visiblement empêché la réservation de places assises - semble long à nos corps un peu fatigués mais on l'oublie vite à l'arrivée au ryokan (auberge traditionnelle) en bord de mer.


Le ryokan en bord de mer (Kojima, district sud de Kurashiki)
Notre chambre (la table sera remplacée par des futons pour dormir quand nous serons au repas)
Vue sur les îles



Au ryokan Bizen-ya, presque toutes les chambres ont une telle vue sur la mer intérieure, qui sépare l'île principale Honshu de Shikoku. C'est un vrai plaisir pour les yeux. Et cerise sur le gâteau, au onsen (bain thermal japonais, pour en savoir plus lire : Testé pour vous : le onsen - reportage exclusif), les bains - tant intérieur qu'extérieur - donnent également sur la mer. Quel bonheur d'être dehors, le corps dans le bain chaud et le visage balayé un léger vent, à regarder ce paysage. J'y serais restée des heures ! (Je me suis d'ailleurs levée tôt le lendemain pour en profiter encore un peu avant le départ.)

Le soir, habillés de nos yukatas (kimonos d'été), nous prenons part à l'imposant repas proposé par le ryokan, toujours avec une belle vue sur la mer, suivie par le magnifique coucher de soleil. Les plats se succèdent jusqu'à plus faim. Ce qui, ajouté à la fatigue, provoque un vrai fou-rire quand la dame qui nous sert arrive avec le énième plat et insiste pour que je termine mon riz !


La chambre des filles : Céline - Virginie - Angélique


Shabu shabu de poisson, sushis, légumes, etc.
Flan de poissons et petit gratin (très bon)
Tempura
Au secours, je n'en peux plus ! Merci à Thierry d'avoir planqué un peu de mon riz ;o)

Magnifique coucher de soleil sur les mini-îles de la mer intérieure

MIYAJIMA : SES DAIMS, SON TORII, SES HUITRES

Ce matin, pas de long trajet mais juste un train local et un bateau car nous nous rendons sur l'île de Miyajima, située juste en face d'Hiroshima.


Harry Potter, héros de la nouvelle attraction du parc Universal Studios d'Osaka
9h30 : première glace de la journée (à la pêche blanche, un délice) ! ;o)





Si cette île est surtout connue pour son torii (portique - souvent rouge - marquant l'entrée d'un sanctuaire shintoïste) ayant les pieds dans l'eau, je découvre que Miyajima est aussi habitée par des daims qui se baladent en liberté comme à Nara (lire : Nara : Ses temples et ses daims en liberté). S'ils sont censés vivre sur le Mont Misen, on les voit plutôt parmi les visiteurs à la recherche de celui qui partagera - volontairement ou non - ce qu'il est en train de manger avec eux. Et sinon ils se laissent caresser ou dorment au soleil. De vrais chats, quoi... ;o)









Si ce célèbre immense torii (16 m) a une position avancée dans les flots, c'est que le sanctuaire shinto Itsukushima (autre nom de l'île) est en partie posé sur la mer et que la porte du site sacré doit dès lors se trouver avant. Nous parcourons ce sanctuaire sur pilotis, dont les bâtiments sont reliés par des couloirs d'une longueur totale d'environ 300 m, en imaginant ce que ça peut donner à marée haute, quand l'eau arrive sous les pieds des visiteurs. A noter que l'ensemble du sanctuaire et d'une partie de la forêt primaire du Mont Missen (Trésor national) qui est classé au Patrimoine mondial de l'Unesco couvre environ 14 % de l'île.


A marée haute, l'eau recouvre le sol à cet endroit

A l'arrière-plan, la pagode à 5 étages (hauteur : 28 m)

Un peu plus haut, quand on commence à grimper sur un flan du Mont Misen qui culmine à 535 m, on tombe sur le Temple Daisho-in. Celui-ci aurait été fondé par Kukai au début du IXe siècle, avant que le célèbre moine originaire de Shikoku n'installe sa branche Shingon du Bouddhisme au Mont Koya en 815. Depuis l'entrée, de nombreuses statues de pierre nous accompagnent dans la montée des marches, notamment une série de 12 représentant les signes du zodiaque chinois.


Coq, mon signe du zodiaque dans l'horoscope chinois
Rat, le signe du zodiaque chinois de mon frère et mon grand-père
Cochon, le signe du zodiaque chinois de mon père



Après les explications culturelles et historiques, Kenji nous laisse libres de poursuivre la balade seuls mais aussi de découvrir les spécialités du coin grâce aux échoppes disséminées dans les ruelles : les huîtres crues ou grillées à la braise (kaki) ainsi que le gâteau aux haricots rouges en forme de feuille d'érable (Momiji manju). Vu les recommandations données par un membre du CETASE (Centre d’études de l’Asie de l’Est) lors de ma récente présentation au Québec (voir : Japan in July... Montréal en mars), je commence par les huîtres, d'abord grillées, puis en friture. Et c'est plutôt pas mal ! (heureusement que c'est cuit car, vu la taille, je n'aurais pas pu les avaler crues)
Huîtres grillées

Huîtres en friture
Nos amis portugais / suisses goûtent les brochettes de boeuf et les frites locales
Je poursuis avec un fishcake aux crevettes passé à la friture
Et une glace à la mandarine avant de quitter l'île